Prévention des blessures

Recherche des déséquilibres musculaires

Prévention des blessures et Exercices

 

Retrouvez d’autres tests dans le nouveau livre d’Aurélien Broussal et d’Olivier Bolliet intitulé Les tests de terrain : plus de 130 protocoles pour mesurer la performance sportive. Ce livre est publié aux Éditions 4 trainer et est distribué sur amazon et FNAC.com.

Pour être équilibré musculairement et limiter ainsi les risques de se blesser il est capital d’harmoniser la force produite par les différentes articulations et il est aussi nécessaire d’équilibrer la force produite par la même articulation mais dans différents plans de l’espace. Par exemple, si vous êtes très fort au développé couché, il faut être aussi très fort au développé militaire, au décliné ou au dips. Dans mon exemple, il faut pousser fort vers l’avant (développé couché) le haut (développé militaire) et le bas (décliné ou dips).

C’est sur cette philosophie de l’équilibre musculaire que je vous propose deux exemples, un sur les tractions et l’autre sur le développé couché. Je veux vous faire comprendre que l’on peut tirer des enseignements intéressants sur les faiblesses musculaires juste en observant votre athlète en train de pratiquer ces deux exercices de base.

Exemple 1 : les tractions
Pendant votre précieuse récupération entre vos séries vous regardez votre partenaire d’entraînement pendant sa séance et vous observez la chose suivante : avec la fatigue qui le gagne, il ne se hisse plus tout droit vers le haut (dans un plan quasi frontal ou vertical) mais il penche le buste de plus en plus en arrière pour tirer les dernières répétitions.
Qu’est-ce que cela peut bien vouloir dire ?
Il faut vous imaginer qu’il transforme partiellement son mouvement de traction en un mouvement hybride entre la traction et le tirage horizontal. Et dans quel but fait-il cela ? C’est très simple, dans l’objectif unique de terminer sa série et pour se faire il va chercher dans d’autres groupes musculaires voisins dominants la force nécessaire pour y arriver ! J’ai mis dominants en gras car tout l’intérêt de l’observation est dans ce terme. Dans mon exemple mon partenaire est dominant dans les mouvements de tirage horizontaux par rapport aux mouvements de tirages verticaux. L’enseignement pour la construction de votre futur plan d’entraînement est plus clair, vous devez mettre l’accent sur le pattern de mouvement le plus faible et garder une place limitée au tirage à la poulie basse, au tirage 1 bras avec haltère, etc…

Exemple 2 : le développé couché
Même logique que précédemment, pendant le repos entre vos séries vous regardez votre partenaire d’entraînement pendant ses mouvements et vous observez la chose suivante : avec la fatigue qui le gagne il ne pousse plus sa barre de la même façon devant lui mais il lève de plus en plus les coudes vers sa tête avec une trajectoire ascendante de sa barre de plus en plus orienter vers son visage.
Qu’est-ce que cela peut bien vouloir dire, tente-t-il de mordre sa barre au passage ?
Non vraisemblablement ! Il tente de recruter les muscles dominants qui sont dans mon exemple les deltoïdes et autres synergistes pour terminer sa série. Dans ce cas on peut inférer que mon partenaire est dominant dans les mouvements de pousser vers le haut par rapport aux mouvements de pousser vers l’avant. L’enseignement pour la construction de votre futur plan d’entraînement est plus clair, vous devez mettre l’accent sur le pattern de mouvement le plus faible et garder une place conséquente aux mouvements recrutant préférentiellement les pectoraux et laisser moins de place aux mouvements sollicitants plus les deltoïdes.

Ces deux exemples montrent bien que l’on peut à la fois s’entraîner et tester ses déséquilibres musculaires et donc modifier si besoin est son plan d’entraînement. Nous faisons ainsi d’une pierre deux coups.

Un côté plus fort que l’autre ?

Extraits de mes cours et Prévention des blessures et Formations et Réathlétisation et Force

 

J’ai souvent la question en formation sur la différence ‘tolérable’ entre la force du côté droit et du côté gauche. Il est de mon expérience de terrain que 5 à 10% est une bonne base de travail. Cette étude est dans la même veine.

“Multidirectional Leg Asymmetry Assessment in Sport.” Jennifer Hewit, MSc, CSCS; John Cronin, PhD; Patria Hume, PhD. Strength and Conditioning Journal. 2012 Feb 34(1): 82-86.

Voilà l’extrait à retenir :

“There is no specific magnitude of asymmetry that has been identified in the literature as a definite threshold separating injured and noninjured players or the potential for injury. However, it would seem magnitudes of 15% or more are often associated with players who have recently sustained an injury, whereas magnitudes below 10% are typically reported in noninjured populations. Therefore, an asymmetry threshold of 10-15% or more is thought to place additional strain on the weaker leg, compromising the player’s performance and predisposing the athlete to various injuries.”

Et vous qu’en pensez-vous ?

Pourquoi éviter le travail guidé en préparation physique ?

Extraits de mes cours et Transfert de force et Prévention des blessures

 

Un extrait de mon cours du BP muscul’ de l’ex-CREPS de Voiron.

Ce type de travail est à éviter en préparation physique sportive pour 3 raisons :
- la plupart des machines permettent un travail sur un plan de l’espace alors que les APS sont tridimensionnelles.
- les machines produisent des forces de frottement du début à la fin du mouvement alors que dans les APS le maximum de force à produire a lieu pour vaincre l’inertie, donc au début du mouvement.
- la sur utilisation d’un seul pattern de mouvement peut entraîner des douleurs ou des blessures.

Votre avis m’intéresse !

Reverse hyper et réathlétisation

Prévention des blessures et Réathlétisation

 

Sur cette vidéo, Emi Hirai représentant le Japon en patinage termine sa réathlétisation avec un travail de la chaîne postérieure en chaîne ouverte (les pieds sont mobiles).
Cet exercice, le “reverse hyper” permet de travailler avec une certaine lordose et en toute sécurité.
Pourquoi ?
Car la pression du banc sur les viscères entraîne une décompression vertébrale.
Simple et efficace !

Prévention des blessures (épaule) au rugby

Prévention des blessures

 

Voilà le résumé d’un travail de recherche que j’ai dirigé il y a quelques années dans le cadre du mémoire de recherche de master 2 PPMR de l’ufrstaps de Lyon.

1ère JOURNEE - GILLES COMETTI - le 15/11/2008
LA FORCE: POURQUOI, COMMENT ?

Renforcement des rotateurs externes de l’épaule, des adducteurs et des abaisseurs de l’omoplate en prévention des traumatismes de l’épaule chez le rugbyman : objectivation par un test de terrain

D. Lazert & O. Bolliet

Introduction
Le but de cette étude est de proposer et de valider un protocole de renforcement musculaire permettant de rééquilibrer la balance structurelle de l’épaule chez le rugbyman (19 joueurs « espoirs » dont 7 symptomatiques au niveau de l’épaule). Les pathologies de l’épaule étant les plus fréquentes dans ce sport.

Méthode
La mise en place de ce protocole comprend un exercice de rotation externe de l’épaule, d’adduction et de limitation de la protraction de l’omoplate à effectuer une fois par semaine pendant 6 semaines (travail d’endurance de force). La validation du protocole se fait à l’aide d’un myotest (accéléromètre permettant à partir de charges sous-maximales d’extrapoler le niveau de force maximale). L’expérimentateur réalise une évaluation de la force (en kg) consistant à mesurer le ratio rotateur externe/rotateur interne (RE/RI) de l’épaule avant et après la mise en place du protocole.

Résultats
Le protocole de renforcement musculaire entraîne une augmentation significative du ratio RE/RI conformément à la littérature (Smith et al., 2006). On note une amélioration sensible de la douleur perçue (information obtenue par entretien informel) par les joueurs symptomatiques.

Discussion et conclusion
Le protocole propose l’équilibration de la balance structurelle de l’épaule tout en réduisant la douleur perçue pour une majorité des sujets. Il pourrait être utilisé par les préparateurs physiques comme un travail de prévention des blessures liées à l’épaule chez le rugbyman. Ce travail étant à la fois simple à mettre en place et peu coûteux en temps.

Références
Smith MD, et al. The effect of scapular protraction on isometric shoulder rotation strength in normal subject. J Shoulder Elbow Surgery, 15, 3, 339-343, 2006.